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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 16:59

Restaurer la confiance entre les citoyens et les forces de sécurité intérieure.

 

 

1. Une peur à l'encontre de la Police et des forces de sécurité intérieure en général

 

 

 

La mort de l'afro-américain Georges Floyd lors de son interpellation violente à Mineapolis par des fonctionnaires de police a soulevé de légitimes mouvements de colère aux USA, cette vague de protestations touche également la France. de la mort d'Adama Traoré, en passant par l'usage disproportionné de la force et de la violence légitime par des policiers et des gendarmes qui ont causé des centaines de blessés graves avec des énucléations engendrées par des tirs de lanceurs de balles de défense, le comportement des fonctionnaires de police et des militaires de la gendarmerie est perçu comme liberticide. De plus, la récente révélation de conversations à caractère fasciste, négrophobe dans une conversation whatsapp ainsi que dans un groupe "facebook" regroupant des milliers de policiers et de gendarmes, renforce l'impression d'une forte influence fascisante au sein des forces de l'ordre. Une influence malheureusement encouragée par les attentats islamistes de ces dernières années et par la complaisance d'édiles de villes de banlieues avec certains milieux islamistes.

 

Par ailleurs, Les règles strictes imposées dans le cadre du confinement limitant les déplacements des administrés ont également engendré des verbalisations illégales, sans fondement juridique, et l'ONG Amnesty International fait état de violences policières illégales pendant la période du confinement. Aussi, l'hostilité à l'encontre des policiers n'a fait que croître.

De plus, l'Inspection Général de la Police Nationale en charge, entre autres, de « veiller au respect, par les fonctionnaires de police, des lois, des règlements et du code de déontologie de la Police Nationale », est accusée de manquer de partialité dans la conduite des enquêtes administratives et judiciaires. Il est reprocher à ce service pour parler prosaïquement de « couvrir ses fonctionnaires ». Ici se situe le paradoxe de l'IGPN, car ce service est craint en interne par les fonctionnaires de police. En 2015, l'IGPN a mené 2125 enquêtes et la moitié a abouti à des sanctions administratives du 1er au 4ème groupe ; 47 policiers ont été révoqués ou mis à la retraite d'office, 88 ont été rétrogradés. L'IGPN est également perçu comme l'instrument du pouvoir politique pour neutraliser des fonctionnaires de police « lanceurs d'alerte ». Ainsi, au début des années 2000, le commandant Philippe Pichon a fait l’objet d’une sanction administrative, mise à la retraite d'office, pour avoir dénoncé à les dysfonctionnements du fichier STIC (système de traitement des infractions constatées, en rendant publique la fiche de deux stars du monde du spectacle : Jonhy Hallyday et Jamel Debbouze. Ces Déficiences étaient confirmées peu après par la CNIL pour d'autres citoyens. Cette sanction est survenue après l'enquête de l'IGPN.

Que faire pour rétablir la confiance entre la population et la police, les policiers eux mêmes en leur institution ?

Il faut opérer une révolution copernicienne en matière de contrôle des policiers.

 

  1. Transfert des pouvoirs d'investigations, sanctionnateurs et propositions de sanction,  au Défenseur des Droits

 

Le défenseur des droits a repris les prérogatives du Médiateur de la République, lui même inspiré de l'L’ombudsman suédois. Cependant, le Défenseur des Droits ne dispose pas du champ de compétence de son homologue suédois, qui peut « dresser des procès-verbaux s’il constate que des mesures prises par un organisme public ou un agent public sont en conflit avec la législation en vigueur ou tout autre statut » ou «  engager des procédures judiciaires contre un agent qui, au mépris de sa fonction ou de sa mission, aurait commis une infraction pénale autre qu’une violation de la liberté de la presse ou du droit à la liberté d’expression ».L’Ombudsman a la possibilité de rédiger un rapport sur un fonctionnaire pour manquement à ses devoirs.  En 2018, l'ombudsman a traité 1032 dossiers relatifs à la police.

Le cas de l'ombudsman démontré qu'un contrôle externe et impartiale sur les forces de sécurité intérieure avec des pouvoirs sanctionateurs est possible. Une recommandation du code européen d'éthique de la police dispose dans son paragraphe VI «  La police doit être resposnable devant l'Etat, les citoyens et leurs représentants. Elle doit faire l'objet d'un contrôle externe efficace. Ce code est une émanation du Conseil de l'Europe, à ne pas confondre avec la très intrusive Union Européenne.

Certes, en France, le Code de déontologie de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale modifié en 2014 prévoit que « La Police Nationale et la gendarmerie sont soumis au contrôle du défenseur des droits » .

Mais ce contrôle se limite à des recommandations et les 44 référents en matière de déontologie et la sécurité ne disposent que d'un pouvoir de transaction consistant assurer pa la voie du règlement amiable, le traitement des dossiers portant sur des refus de plainte ou des propos déplacés.

Les propositions pour renforcer les pouvoirs du Défenseur des Droits sont les suivantes :

-Nomination du défenseur des droits par les deux chambres du parlement, comme son homologue Suédois, afin de le rendre indépendant du pouvoir exécutif.

-Rapport annuel de son activité devant le parlement

-Contrôle de son action par le parlement

- Transferts des pouvoirs d'investigations de l'IGPN au profit du Défenseur des Droits

-Proposition et pouvoir de sanction administrative partagée avec la Direction Générale de la Police Nationale.

-Renforcer les moyens humains avec des gendarmes, douaniers,policiers retraités, ancien magistrat, contractuels de droit public, membres d'association de défense des droits de l'homme, juristes et personnalités indépendantes.

-Placement des lanceurs d'alerte des forces de la sécurité intérieure sous la protection directe du Défenseur des Droits.

 

Chers lecteurs, si vous êtes d'accord avec ces propositions, je vous invite à les recopier, les transférer et à les adresser au député de votre circonscription afin qu'elles deviennent une proposition de loi. Plus que jamais la confiance envers les forces de sécurité doit être l'affaire de tous.

 

J'ai dit

 

 

 

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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 18:03

5ème et 6ème semaine de confinement

 

Malgré tout la vie continue de s'organiser autour des tâches routinières, la rédaction d'un nouveau roman de fantasy, l'initiation à l'écriture d'un scénario (j'ai exhumé de ma bibliothèque un livre de méthodologie sur ce thème). Pendant ce temps, le COVID-19 continue de frapper, une amie et ancienne collègue de mon épouse est partie rejoindre un monde où le soleil ne se couche jamais.

A l'extérieur de mon domicile, je constate un léger relâchement car je vois davantage de personne passer devant la maison, sans que cela ressemble toutefois à la cohue des bobos joggers parisiens. J'entends aussi davantage de moteur de voitures. Je devine une certaine lassitude.

Quant aux actualités télévisiuelles, elles continuent à nous abreuver d'informations contradictoires et donnent dans l'émotion sans chercher à analyser sur les failles systémiques et organisationnelles de l'Etat, elles n'instruisent pas le citoyen, à suppoer que le citoyen existe encore pour nos élites hors sol. L'émotion, comme les reportages larmoyants sur le drame des décès dans les EPHAD ou maisons de retraite, les applaudissements des français tous les soirs à 20h00 en l'honneur des personnels soignants servent à masquer les lacunes d'un Etat légal mais désormais illégitime. Quand un Etat se montre incapable, avec ses élites, de mettre en place un stratégie cohérente en matière de sécurité global tant physique, sociale que sanitaire, il devient illégitime. Illégitime car les collectivités locales, les citoyens, les associations palient sa carence dans la fourniture de masques et autres moyens matériels. Illégitime car la fiscalité hors TVA et taxes diverses repose exclusivement sur les classes moyennes dont l'appauvrissement est croissant, ces classes moyennes qui supportent une fiscalité et des prélèvements sociaux supérieurs à ceux pratiques dans les pays d'Europe du Nord pour bénéficier, reçoivent en retour que des prestations hospitalières indignés de la 6ème puissance économique mondiale. Le système social des Etats-Unis est injuste, il a cependant le mérite de ne pas être hypocrite. Quand cette crise sanitaire sera achevée, un audit sur l'utilisation des fonds publics devra être diligentée.

L'Histoire est jalonnée d'exemples où la perte de légitimité débouche sur des bouleversements politiques majeurs. Ainsi la crise alimentaire de 1788 a engendré de manière indirecte la Révolution de 1789 :

l’État monarchiste et absolutiste ayant perdu toute légitimité auprès des français. Cette légitimité est également perdue dans le domaine de la sécurité physique car les forces de l'ordre apparaissent de plus en plus comme le bras armé des élites mariant ultralibéralisme et autoritarisme envers les citoyens ordinaires, pas les voyous.

Nous assistons aussi à une « Poutinisation » du régime : une administrée ayant accroché à son balcon une banderole avec l'inscription d'un jeu de mots entre le Président Macron et le Coronavirus a été placée en garde à vue. Or, depuis la loi du aout 2013, le délit d'offense à l'égard du chef de l'Etat n'existe plus dans le code pénal. Certes, le chef de l'État est protégé pénalement contre les délits de diffamation ou d'injure publique, au même niveau que les ministres.   L'injure publique peut être punie d'une amende de 12 000 euros. Le régime de la garde à vue s'applique en matière de crime et délits, non dans le cadre contraventionnel. J'arrête ici cette disgression juridique, car chacun comprendra que nous sommes en train de nous diriger vers un Etat autoritaire envers les faibles, et laxiste envers les puissants et leurs alliés du sous-prolétariat.

Les périodes de confinement du passé ont parfois produit des œuvres politiques majeures, tels les Cahiers de prion d'Antonio Gramsci.

Ce dernier, malgré les conditions extrêmes de son incarcération par le régime de Mussolini, analyse la mainmise des élites bourgeoises sur la société grâce à leur contrôle sur ce qu'il appelle la sphére de la société civile et la sphère de l'Etat.

Selon Gramsci, la « société civile » est l'instrument de l 'hégémonie politique et culturelle sur la société toute entière par l'intermédiaire d'organismes privés. Tous les soirs, sur les chaines dites d'informations ou journaux télévisés, nous subissons les doctes explications de ces experts médicaux qui ne cessent de se contredire (port du masque, symptômes du COVID-19 évoluant sans cesse). Généralement, l'expert se trompe en respectant les règles, il est l'auxiliaire du pouvoir politique défaillant.

Bien que n'adhérant pas aux valeurs matérialistes et athées du Marxisme et à la fin de l'Histoire, je n'hésite pas à utiliser ses outils d'analyse pour mieux appréhender la Domination imposée par la caste dirigeante.

Dans la prolongation des travaux de Gramsci, ceux de Louis Althusser sont également pertinentes dans le contexte de crise que nous subissons. Il a développé le concept d'appareil idéologique d'Etat qui regroupe le religieux mais que l'on peut étendre aux think tanks et autres cercles de réflexion élitistes, le syndical, l'information, politique, juridique. Tous ces A.I.E entretiennent l'illusion de la liberté et de la pluralité, alors qu'une pensée unique dominante est imposée et élimine des postes à responsabilité, les « hérétiques » politiques refusant l'ultralibéralisme.

Nous assistons peut-être à la fin de cette domination, de la sortie des classes moyennes de l'Habitus de dominés imposés par les maîtres des champs politiques, culturels, économiques et scientifiques. La situation actuelle démontré que plus que jamais, la restauration d'un Etat fort et souverain au service de tous devient une nécessité démocratique, pour passer d'une société dirigée par l'émotion et la peur organisée à une société reposant sur la confiance d'un contrat social renouvelé entre le peuple et une nouvelle élite issue de ses rangs.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 17:48

Quatrième semaine de confinement-réflexions.

 

La quatrième semaine de confinement touche à sa fin, une autre va commencer. Je continue d’écrire mon roman « sword and soul », j’ai rédigé un texte court pour répondre à l’appel à textes de Marc Bailly « Raconte-moi une photographie ». Non seulement Marc est un anthologiste et directeur de collection très actif, mais il possède également des talents de photographe.  Le principe de son appel à textes est le suivant :

Il faut écrire un texte court (poésie, nouvelle, etc…) à partir de l’observation d’un de ses clichés et le mettre sur la page facebook spécialement créé  « Raconte-moi une photographie ». Les lecteurs sont invités à partager les textes publiés et si ils le souhaitent, à verser un don à la Croix-Rouge.

Des amis et des relations atteints du COVID-19 se portent mieux. En revanche, j’écoute à minima les informations télévisuelles. Je préfère les articles en ligne de l’Express, de Courrier International et de Marianne.

Il s’agit d’une lecture très instructive qui me sort du contexte franco-français et de ses mensonges, ou comme le dirait le triste Trump de ses « vérités alternatives ». Ainsi, nous apprenons que les autorités allemandes (fédérales comme des lands) ont privilégié le dépistage massif  et surtout n’ont pas démantelé le maillage territorial des hôpitaux. Tout le contraire de la France. La Grèce, dont les autorités publiques ont suivi de très près le drame de l’Italie voisine, a anticipé l’arrivée du COVID-19, et surtout ce pays ne souffre pas de pénurie de masque.

En revanche, le COVID-19 a occulté le reste de l’actualité. Une flotte de guerre américaine est déployée dans la Mer des Caraïbes, les USA vont-ils profiter de l’ambiance anxiogène actuelle pour attaque le Vénézuela et éliminer son président Nicolas Maduro ? 

Des rêveurs se mettent à imaginer le monde de l’après CORONAVIRUS, avec une remise en cause du système économique et financier actuel. En ce qui me concerne, le doute et le pessimisme m’habitent. Délation et lâcheté en France comme à l’époque de l’Occupation Nazie, autoritarisme de nos dirigeants pour mieux masquer leur incompétence initiale, Coup d’Etat sanitaire décidé par Ordonnances pour mettre à bas le Code du Travail, qui va transformer les travailleurs français en « esclaves modernes » sont les sombres prémisses d’une société qui accentuera son caractère inhumain et inégalitaire.

Que dire de la négrophobie ? Aux USA, le COVID-19 frappe majoritairement les Noirs cumulant pauvreté, inégalité aux soins, emplois exposés (chauffeurs, personnels d’entretiens), problèmes de logement et comorbidités (diabète , surpoids lié à la malbouffe).

Ainsi, le COVID-19 est activement aidé par la structuration négrophobe de la société américaine. Comble d’ironie, les africains vivant en Chine et à Canton sont accusés par les autorités de propager le COVID-19. Devenus des boucs émissaires, ils subissent de graves discriminations (maltraitance, expulsions de logement, refus d’hébergement). Comme d’habitude, les gouvernements des pays africains concernés ne prennent aucune mesure de rétorsion. Ont-ils abdiqué leur dignité contre les investissements de l’empire du Milieu ? Ont-ils changé le pied qui leur botte le cul ?

Pour revenir à la France. Si vous critiquez la défaillance des autorités, les éternels donneurs de leçon et de démocratie vous qualifient de « populiste » comme étaient traités de « terroristes » les Français qui résistaient aux Nazis et au Régime de Vichy. J’entends souvent ce terme mais aucune définition pour le caractériser. Le professeur et philosophe Alexandre Dorna écrit à son sujet « Le populisme ex nihilo n’existe pas : il naît au sein des sociétés en crise de transition, quand, entre l’élite au pouvoir et la base sociale, se produit une très grande rupture affective. » Comme signe de reconnaissance du populisme, il précise également :

« L’attitude populiste est la constituante de toute politique. Il n’y a pas de discours politique sans référence au peuple. Le populisme est avant tout un phénomène de transition qui s’exprime d’une manière confuse et parfois tonitruante. Phénomène éruptif et presque éphémère, il se développe sous la pression d’une crise généralisée devenue chronique. C’est le désarroi des masses populaires devant l’immobilisme d’une aristocratie d’Etat au pouvoir qui se considère compétente et propriétaire des lieux. »

La France qui subit depuis des décennies, la colonisation de son administration, de son économie, de son champ universitaire par une élite hors sol, souvent issue de l’ENA, et qui élimine par le biais d’une « méritocratie dévoyée » tous ceux qui refusent de se soumettre à leur loi inique, entre dans ce cadre bien délimité par Alexandre Dorna.

Alexandre Dorna est l’auteur du livre « Le Populisme » aux Editions Presses universitaires de France, il est également conférencier et a publié de nombreux articles sur la question du populisme, mais aussi de la laïcité.

 

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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 23:57

La troisième semaine de confinement s’achève.

 

Autour de nous les mauvaises nouvelle s’accumulent, des proches sont atteints par le COVID-19 et dans la nuit du samedi 28 mars au dimanche 29 mars 2020 une de mes connaissances a trouvé la mort et son épouse a été hospitalisée dans un état grave. De plus en plus, l’ambiance est anxiogène, voire morbide et j’avoue que les médias de masse habituels tendent à accentuer le phénomène.

Sans pratiquer la politique de l’autruche, je préfère prendre du recul avec cette masse continue d’informations mortifères, avec en arrière fond un futur scandale d’Etat. En fouillant dans ma bibliothèque personnelle, j’ai retrouvé le texte d’une conférence donnée par Didier HOUSSIN, Directeur Général de la Santé en 2007, lors d’un colloque organisé le 3 mars 2007 sur le thème « Penser le futur ». Son titre est le suivant : « La devinette des épidémies ».

Je vais vous livrer quelques extraits pour votre réflexion. Monsieur HOUSSIN, haut responsable de la santé publique sous la présidence de Jacques Chirac dit au cours de cette conférence :

« La raison qui me conduit à évoquer le sujet des épidémies est tout à fait banale au départ, c’est la question de la grippe. Vous connaissez la grippe, c’est un phénomène banal. Elle n’est pas aujourd’hui dans votre champ de conscience, considérée comme un élément particulièrement grave et menaçant. Je crois qu’il faut être, au contraire, extrêmement attentif à ce risque et aux dimensions que pourrait prendre une épidémie de grippe à la surface de notre planète. »

Monsieur HOUSSIN cite les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui avertit les autorités publiques sur les dangers d’une pandémie grippale liée au modification du virus de la grippe :

« Nous sommes faces à la circulation au sein d’une espèce animale d’un virus nouveau extrêmement pathogène qui semble dans certains capable dans certains cas de se transmettre à l’homme, qui , à ce jour n’a pas montré sa capacité à transmettre entre êtres humains mais qui pourrait le faire à la faveur d’une nouvelle évolution génétique..… Tous les ingrédients sont donc réunis pour que si ce virus à la faveur d’une évolution génétique, acquiert la capacité de se transmettre entre êtres humains, nous soyons à l’aube d’un phénomène de pandémie grippale qui pourrait avoir la gravité de ce qui s’est passé sous une forme modeste en 1957-1958 puis en 1968-1969, mais sous une forme extrêmement grave telle que cela s’est produit en 1918-1919. »

Monsieur HOUSSIN rappelait lors de cette conférence, donnée je le rappelle le 3 mars 2007, que l’OMS invitait l’ensemble des pays qui le pouvait, à se préparer à un phénomène épidémique. Je le cite de nouveau :

« De même qu’on peut le faire dans un pays en matière de défense, en se préparant à des guerres de manière régulière, en équipant une armée, en l’entraînant, en achetant des matériels, en les remplaçant, pour une menace incertaine dans son mode et dans son délai de survenue, il s’agit en matière d’épidémie de se préparer de la même manière….J’ajoute que se préparer à une pandémie grippale, c’est aussi songer que la menace pourrait être d’une nature différente. En particulier on peut penser à des menaces bio terroristes faisant appel à des agents infectieux du type de la variole, à des agents émergents nouveaux du type du coronavirus qui a été une surprise totale concernant le SRAS. »

A la suite, le Directeur Général de la Santé de l’époque décrit la préparation des Pouvoirs Publics face à une pandémie :

« Comment se préparer ? se préparer consiste d’abord à essayer d’élaborer une stratégie d’ensemble. Il est symptomatique qu’en France le choix ait été fait de confier au Secrétariat Général de la Défense Nationale, qui est un organisme tourné vers les questions de défense et de préparation face aux menaces terroristes, la préparation de ce plan d’ensemble….Ce plan a été testé par des exercices, évalué par des organismes parlementaires, nationaux, par des organismes européens.Il a été accompagné par l’acquisition de produits destinés à protéger la population et les professionnels les plus exposés tels que des médicaments antiviraux en grande quantité, des vaccins qui seraient disponibles, des masques destinés à protéger les professionnels et à être portés par les malades pour éviter la contamination. »

Monsieur HOUSSIN conclut son intervention :

« Dans cette manière de penser le futur autrement, nous essayons de le faire en étant hantés par le syndrome de la ligne Maginot, c’est à dire construire une barrière qui serait aussitôt contournée, en étant hantés également par l’angoisse de la vigie et de la sentinelle qui se demande si elle a la tête du bon côté, et en étant déterminés malgré tout à faire en sorte que face à des catastrophes de cette nature, nous soyons quand même en mesure de limiter les dégâts. »

Sur une question posée par un auditeur de cette conférence sur le coût de ce plan, Monsieur HOUSSIN donnait la réponse suivante :

« Tout ce qui a été fait en matière de préparation à une pandémie grippale, stocks, informations, formation des médecins, aboutit à plusieurs centaines de millions d’euros. C’est beaucoup. C’est modeste si vous considérez l’effort fait en matière de Défense chaque année dans notre pays, pour une menace qui n’est peut-être pas beaucoup plus importante. »

Treize années se sont écoulées depuis la tenue de ce colloque « Penser le futur », les efforts stratégiques en matière de santé publique entrepris sous la seconde Présidence de Jacques Chirac (2002-2007) ont été sacrifiés sous les mandats présidentiels suivants au nom de la rentabilité financière du secteur public hospitalier, laissant les personnels soignants et la population totalement désarmée face à la crise du COVID-19. La prévoyance et la vigilance des politiques publiques sanitaires du début des années 2000, même imparfaites dans d’autres domaines, met malheureusement en lumière l’actuelle négligence qui a aboutit au désastre sanitaire subi par le peuple français. Il est de bon ton d’appeler à l’unité nationale pour faire taire les critiques, mais la crise ne durera pas éternellement et les responsables politiques comme administratifs devront rendre des comptes. J’espère que les députés mettront en œuvre une commission d’enquête sur les conditions de gestion des stocks de masques et autres matériels.

***

Heureusement, mon esprit et mes réflexions, même si le contexte social n’y est pas favorale, ne sont pas toujours mobilisés par la crise du COVID-19. En fin de semaine, j’ai donné mon accord à Evidence Editions pour le bon à tirer de ma nouvelle « Retour sur scène » qui paraîtra dans l’anthologie « 3 secondes avant de mourir ». Je continue la lecture de « Chants de l’espace » de Samuel Robert Delany paru aux Editions Bragelonne, un auteur afro-américain de science-fiction, récompensé par des prix littéraires prestigieux comme le Prix Nebula (4fois) et le prix Hugo.

A la demande de Marc Bailly, dans le cadre de « Raconte-moi une photographie », j’ai rédigé un texte intitulé le « promeneur solitaire » à partir d’une photographie de cimetière faite par manque. C’est une opération qui consiste, pour des auteurs, à offrir un texte à la lecture sur facebook (www.facebook.com/marcbailly.mby/)

Lire, écrire et méditer (version débutant) restent des fenêtres ouvertes sur des mondes intérieurs quand notre horizon réel se limite.

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 16:12

La deuxième semaine de confinement s'achève.

 

Dans mon quartier, ma ville, la vie semble s'être mise entre parenthèse. Ses habitants ne se sont pas réfugiés dans leur « résidence secondaire » pour mieux jouer les « philosophes solitaires et moralistes », ils sont chez eux. Ces citoyens ordinaires respectent les consignes d'isolement social, sans bruit, sans renaclement. De temps à autre, j'entends les rires d'enfants dans leurs jardins pavillonnaires, ainsi que de lointains bruits de tondeuses. Ces bruits normaux pour une petite ville modeste de la grande banlieuse parisienne deviennent exceptionnels en ce moment, j'entends aussi les inquiétudes d'un voisin téléphonant sur sa terrasse, il est au chômage partiel, il va perdre 800 euros par mois sur son salaire. D'autres personnes sont invisibles, je le sais, ils gouttent au « plaisir solitaire » du télétravail.

Le COVID-19 ressemble à ces bombardements aériens qui se rapprochent de plus en plus de leur cible, car de proches connaissances sont atteintes par ce virus. Une de mes relations, infirmière à la retraite après une vie de labeur et d'usure physique à l'Assistance Publique Paris, a gardé des contacts avec ses anciennes collègues. Pour paraphraser le Président de la République, «  nous sommes en guerre », seulement cette guerre est livrée par des combattants sous-armés, fatigués physiquement et bientôt psychiquement. Le personnel soignant peut être comparé à l'armée polonaise, sous-équipée, combattant les panzers de l'envahisseur nazi en 1939.

Sur sa messagerie facebook, une relation qui travail aux urgences d'un hôpital d'une ville de banlieue parisienne a dénoncé dans un message adressé au Ministre de la santé ses conditions de travail intolérables. Ce médecin qui avait participé, en 2010, aux secours humanitaires envoyés en Haïti après le tremblement de terre, a écrit cette phrase que je trouve terrible pour quelqu'un dont l'engagement n'est pas une posture de bien-pensant : « je déserte, je vous laisse avec votre covid-19 ».

Ces tristes nouvelles arrivent comme des échos, mais devenant chaque jour plus fracassant. J'écoute d'une oreille distanciée les informations gouvernementales et les avis d'experts médicaux, de plus en plus contradictoires. Malgré sa durée et les pertes humaines engendrées, la crise sanitaire prendra fin. Seulement, une autre se profile, elle gronde pour l'instant dans les soubassements de la société. Il s'agit de la crise politique. Si un virus ne peut être stoppé aux frontières, en revanche une politique publique de santé au service de tous, avec des réserves stratégiques et une doctrine d'emploi digne de ce nom, aurait certainement limité les dégâts. Quand cette crise politique et sociale surviendrait, le mouvement des Gilets Jaunes ressemblera à une paisible promenade de santé, je le pressens.

Malgré tout, ma vie de lecteur et d'auteur continue. Par masochisme sûrement, j'ai relu le « Masque de la Mort Rouge » d'Edgard Allan Poe. Ce texte fantastique m'a inspiré une nouvelle dont le titre provisoire est « Orgie », à la fin de sa rédaction, il sera intégré dans le volume 2 d'Ethiopiales.

Je terminerai ces impressions de confinement en reprenant l'interrogation de l'écrivain et penseur Edouard Glissant qui constatait que les « villes ouvertes » (Sarajevo, Pompei et autres) étaient toujours frappés par des cataclysmes naturels ou politiques.Alors que le COVID-19 a été contenu par la République Populaire de Chine, les démocraties parlementaires éprouvent plus de difficultés à faire face à la situation. Le COVID-19 va-t-il donner une légitimité aux régimes politiques autoritaires ?

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 18:53

La première semaine de confinement s’achève.

Pour le volume 2 du futur recueil « Ethiopiales », j’ai rédigé trois nouvelles. J’ai également repris la rédaction d’un roman sword and soul. Cependant, je ne vais pas m’attarder sur mon activité d’auteur qui relève de la normalité, même si cette normalité tend à sortir de l’ordinaire en raison de son intensité. Sur les conditions matérielles de mon confinement dans ma résidence principale et unique en région parisienne, je n’ai rien à dire de particulier. Mon confinement ne ressemble pas à celui d’une famille vivant dans un appartement en Seine-Saint-Denis, pourquoi la Seine-Saint-Denis comme exemple ? J’ai vécu dans le Nord de ce département pendant une décennie et je connais les difficiles conditions de vie au quotidien, je les ai subies moi même. Aussi, je me garderai de tout nombrilisme mal placé.

Cependant cet isolement social ne me dispense pas de mener une réflexion sur la situation hors norme que nous sommes obligés de subir. Il a suffi d’un virus parti de Chine pour bouleverser la vie de millions de personnes, en particulier celles des citoyens des pays occidentaux qui n’étaient plus confrontés depuis des décennies à des pandémies mortelles.

Ce confinement a réveillé en moi une colère à l’état de somnolence. Cette colère plonge en partie ses racines dans une prise de conscience politique remontant à 1992. C’était l’époque de la campagne référendaire pour ou contre la ratification du Traité de l’Union Européenne, plus communément appelée Traité de Maastricht. Le jeune homme que j’étais a découvert lors de la lecture de ce traité les germes juridiques du futur désastre de nos sociétés, la doctrine économique monétariste et anti-inflationniste fut transformée en normes juridiques. Seule l’ancienne constitution de la défunte Union Soviétique avait élevé une doctrine économique en norme juridique indépassable. Les conséquences de cet extrémisme ultra-libérale, nous le subissons de plein fouet. Car la mise en application de ce traité avec ses critères monétaristes et financiers a détruit l’autonomie économique, politique et sociale de la France, elle a accentué la trahison des élites politiques, administratives et culturelles à l’encontre des administrés. Au nom de l’orthodoxie budgétaire (ne pas dépasser les 3% de déficit), et de l’intérêt des grands groupes privés, les services publics sont condamnés à disparaître ou à être un service minimum pour les plus pauvres ( le fameux service public universel de l’Union européenne), les plus riches pouvant accéder à des soins de qualité. Au nom des règles ultra-libérales, la rentabilité ou culture du résultat est devenue la pierre angulaire des services publics, l’agent public transformé en variable d’ajustement des finances publiques. L’hôpital public a été la principale victime de ce déchaînement ultralibéral : fermeture de plus de 73000 lits, mutualisation de structures hospitalières au mépris de l’égalité territoriale et de l’accès aux soins pour tous, maintien du numéros clausus pour les études médicales, personnels soignants sous-payés et méprisés par la caste dirigeante (sauf en temps de crise sanitaire aiguë où il faut de la « chair à canon ») sont les conséquences désastreuses de ce libéralisme fanatique et socialement meurtrier.

Ces libéraux fanatiques ayant comme unique boussole morale que leurs intérêts privés et ceux de leurs maîtres ont colonisé, à la manière des cartels mafieux gangrenant toute une société, tout l’espace politique et partisan de gouvernement pour étouffer toute voix discordante et contraire à la Pensée Unique. Il s’agit d’un coup d’Etat d’un nouveau genre, silencieux et ayant l’apparence de la démocratie. Cela explique près de trois décennies de destruction méthodique du secteur public hospitalier. Aujourd’hui, nous les administrés, nous subissons les conséquences désastreuses de cette orientation financière. Avant l’apparition du COVID 19, les services d’urgence éprouvaient déjà les plus grandes difficultés à faire face à l’afflux de patients.

Ce libéralisme hors sol a favorisé le départ du tissu industriel vers d’autres cieux plus socialement et fiscalement cléments, résultat, la France éprouve de grandes difficultés à combattre le COVID 19 (masques en nombre insuffisants, etc…). A ceux qui viendraient m’objecter que le COVID 19 a pour origine la République populaire de Chine, Etat officiellement communiste, je réponds que le libéralisme économique fonctionne aussi bien dans une démocratie parlementaire que dans un régime autoritaire ou dictatorial ( le Chili de Pinochet était un mélange de dictature politique et d’ultralibéralisme inspiré de l’Ecole de Chicago).

J’ajouterai quelques mots sur la réticence de certains administrés à respecter les règles du confinement. Je ne vais pas m’ériger en moralisateur des comportements des uns et des autres. Les classes dirigeantes n’ont que le peuple qu’elles méritent. Le confinement de la population restreint les libertés publiques au nom de l’urgence sanitaire, dommage que les ultra-libéraux de Droite et de Gauche réservent leur autorité aux administrés, j’aurais aimé l’application de cette fermeté aux tristes sirs fichés S dont beaucoup sont responsables des derniers massacres de masse en France. Fait curieux, au nom des libertés individuelles et de leurs droits, on ne pouvait les surveiller tous ou les assigner à résidence. Deux poids, deux mesures.

En attendant, je paraphrase cette maxime de l’empereur Marc Aurèle « que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé ». En l’espèce, le COVID 19 ne peut être vaincu définitivement que par la Recherche Médicale, indépendante espérons le des groupes de pression pharmaceutiques. Pour 2022, j’espère avoir « le courage de changer ce qui peut l’être », c’est dire contribuer modestement, par mon choix citoyen, au changement de paradigme politique et moral dont notre société a tant besoin.

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 16:09

La décennie 2010 vient de s’achever. Ces années ont été riches en rencontres virtuelles et physiques, je pense à celles avec les sœurs et aux frères de la Black Science Fiction Society (notamment Milton Davis et Charles Robert Saunders), avec qui j’ai publié une nouvelle de fantasy « sword and soul » aux Etats-Unis dans l’anthologie « Genesis ».  Cette publication occupe une place particulière dans mon parcours d’auteur car je me trouve en compagnie de Charles Robert Saunders, auteur du cycle d’Imaro (réédité en 2013 chez Mnémos et traduit par Patrice Louinet). Etre en compagnie du fondateur de la « sword and soul », représente pour moi un honneur, honneur renforcé par les encouragements personnels du maître de la fantasy « Afro-américaine ». Face au silence des médias mainstream, antillais en particulier, car je n’appartiens pas à certains réseaux de copains, cette participation représente un point d'encrage mental positif qui me donne conscience de ma valeur, mais aussi des progrès qui me restent à accomplir.

Ma rencontre avec Djehuty Byiong, auteur de kemty (bandes dessinées dédiées à l’histoire négro-africaine ), d’abord par messagerie et réseaux interposés a débouché sur une collaboration, et surtout une amitié fraternelle. De ces échanges basés sur le respect mutuel, ont donné le jour à trois splendides couvertures pour les ouvrages suivants : La Geste d’Osseï (Ikor éditions 2015), Destins (Editions du Net 2014),les guerriers d’Outre-mort (Editions du Net 2016). J’ai eu le plaisir de rencontrer Djehuty en mars 2018 dans le cadre d’un entretien diffusé sur Kongo TV Kultur Groove. Même si je n’ai point rencontré physiquement (pas encore) Marc Bailly, anthologiste, directeur de collection et photographe de talent, je suis fier que certains de mes textes aient été publiés dans ses anthologies où ils ont côtoyés les productions d’auteurs talentueux comme Fabien Clavel, Sophie Dabat,Christophe Colins, Patrick Saint-Vast, Pierre Brulhet et tant d’autres.

Le salon du fantastique où je me suis rendu à deux reprises en qualité de co-auteur d’une anthologie (légendes africaines, vampire des origines) a également été l’occasion d’échanges et de rencontres avec Mme Leïa Rogon des Editions Elenya, d’Alizée Willemin, KSangil (auteures chez Lune Ecarlate) et bien d’autres.

Au total, de 2010 à 2019, plus d’une dizaine de textes ont été publiés, recueil de nouvelles ou romans. Les anthologies collectives « Légendes d’Océanie (Evidence Editions 2017), Histoire de Folie (Editions Lune Ecarlate), où figurent mes textes ont été finalistes du Prix Masterton. Le recueil « Vampires des origines (Editions Lune Ecarlate 2016 » contenant ma nouvelle « L’aigle d’Aoteroa » a été lauréat du Prix Masterton 2016.

Mon roman de fantasy épique « La voie du berserker » a fait partie des 117 romans présélectionnés pour le Prix Littéraire de l’imaginaire booktubers 2019 ;

Pour finir la décennie 2010, l’Harmattan a publié mon dernier recueil de nouvelles « Ethiopiales » (2019).

 

Une nouvelle période commence, que l’année 2020 inaugure une décennie de renouveau politique, social et spirituel. Que les jeunes générations en Guadeloupe et en Martinique, et d’ailleurs, continuent d’ébranler « le vieux monde » fatigué  pour instaurer un nouvel ordre politique.

Que la nouvelle décennie soit une période féconde pour les auteurs de l’imaginaire.

J’ai dit

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 17:57

Stars wars au prisme de la franc-maçonnerie

 

Je viens de terminer la lecture du numéro hors-série de philosophie magazine intitulé « Stars War, le mythe tu comprendras », numéro d’octobre 2015 consacré aux différentes influences tant philosophiques que religieuses comme le bouddhisme, le taoïsme, le bushido, l’idéal démocratique étasunien, la mythologie. Une société initiatique étant la base de la République Nord-américaine brille par son absence : la franc-maçonnerie. Pourtant, elle imprègne les six volets de la saga imaginée par Georges Lucas (de 1976 à 2005).

La franc-maçonnerie spéculative moderne est née en 1723 à l’initiative de loges anglaises qui se regroupent pour fonder la Grande Loge de Londres. Elle entend se rattacher à la tradition des maîtres bâtisseurs de cathédrales et des constructeurs des pyramides de l’Ancienne Egypte. Si le temple abrite une bibliothèque, la transmission du savoir entre le padawan et son maître jedi est orale comme son homologue maçonnique. Au sein de la franc-maçonnerie, la tradition des bâtisseurs cohabite avec celle de la chevalerie. Les références chevaleresques commencent dans les ateliers supérieurs du Rite  de York qui est le plus pratiqué aux Etats-Unis d’Amérique, du rite Écossais Ancien Accepté, du rite Ecossais Rectifié, au-delà du grade de Maître. Ces références à la chevalerie furent introduits par le chevalier de André-Michel de Ramsay, reçu franc-maçon le 14 mars 1730, lors  d’un discours prononcé en mars 1737. Le sieur de Ramsay se détourne des origines « ouvrières » de la franc-maçonnerie pour établir une filiation entre la Franc-Maçonnerie moderne et les chevaliers occidentaux partis en croisade. A partir de ce discours, va naître un courant maçonnique (Rite Écossais Rectifié) qui fera remonter ses origines à l’ordre des Templiers. Il convient de souligner qu’il existe aux Etats-Unis d’Amérique, un ordre paramaçonnique fondé en 1919 sous le nom de l’ordre de Demolay, du nom du dernier Grand Maître de l’Ordre des Templiers.

Entre les Templiers et les Jedi, il existe beaucoup de points communs. Les deux ordres défendent un idéal, le premier la Chrétienté et le second se considère comme le rempart de la République Galactique. La même règle de pauvreté et de chasteté s’applique également aux deux ordres. Le templier ne possède que son épée et son cheval, le Jedi son sabre laser. Ils sont également victimes de la vindicte du pouvoir exécutif temporel pour qui ils constituent un obstacle pour l’exercice absolutiste de leurs prérogatives. Au cours d’une gigantesque rafle méthodiquement organisée, le roi de France Philippe Le Bel fait procéder à l’arrestation et à l’emprisonnement des chevaliers du Temple le 13 octobre 1307, sept ans plus tard le dernier Grand Maître Jacques de Molay est brûlé vif. Dans l’épisode, la revanche des Sith, le chancelier Palpatine prend les pleins pouvoirs, renverse la République Galactique sous le prétexte fallacieux de contrer un complot des chevaliers Jedi. Il ordonne également l’élimination physique de l’ordre et de ses membres.

Autre point commun, des templiers auraient réussi à échapper à l’arrestation massive du 13 octobre 1307 et à gagner l’Ecosse rebelle du Roi Robert the Bruce qui échappe à la mainmise du roi de France et du Pape, et ce  pour organiser la survie dans la clandestinité de l’ordre au milieu des corporations de la pierre. Au fil des siècles, l’ordre serait devenu Franc-maçonnerie spéculative. Yoda et Obiwan Kenobi sont les derniers rescapés du massacre des Jedi. Ils se replient respectivement sur le système de Dagoba et sur la planète Tatooine, régions stellaires se situant à la périphérie de l’empire galactique naissant comme l’Ecosse du 14ème siècle échappant au contrôle pontificale et français.

Que ce soit l’ordre Jedi des trois films sortis en salle de 1998 à 2005 ou l’Alliance rebelle des 3 premiers longs métrages (1976 à 1983), le mot d’ordre est « Rassembler ce qui est épars » Alors que les troupes régulières de la République agonisante et les storm troopers de l’Empire sont issues essentiellement du clonage en série et représentent l’uniformité, les humains et les espèces non-humaines combattent au sein de l’ordre Jedi ou de l’Alliance Ils occupent en toute égalité des postes à responsabilité. Nous retrouvons cette diversité humaine au sein de la Franc-maçonnerie contemporaine et libérale, ce qui n’est pas la réalité pour la Franc-maçonnerie américaine divisée entre loges Anglo-saxonnes protestantes Blanches et celles affiliées à l’obédience afro-américaine Prince Hall. Ici Stars War traduit peut-être un désir de fraternité et d’égalité qui n’existe pas dans la société étatsunienne actuelle.

Mais la Franc-maçonnerie et l’ordre Jedi ont un ennemi en commun : celui qui surgit de leur propre rang. Chez les francs-maçons, cet ennemi a pour noms les trois mauvais compagnons. Ils assassinent Hiram l’architecte en charge de la construction du Temple de Salomon car il a refusé de leur donner les mots et signes en vue de leur admission  chez les maîtres bâtisseurs. Hiram estimait que les trois compagnons ne possédaient pas les qualités requises. Anakin, le futur Dark Vador, est un jeune padawan qui siège au Conseil de l’Ordre Jedi en qualité de représentant du chancelier Palpatine, il demande à être élevé au rang de Maître Jedi. La majorité du Conseil rejette sa demande, il doit se contenter de siéger avec un simple statut d’observateur. Anakin en conçoit de l’amertume car il sûr de ses qualités, le fielleux Palpatine ne faisant qu’attiser sa rancœur. Pour la Franc-maçonnerie, quelle soit anglo-saxonne ou autre, les trois mauvais compagnons représentent l’hypocrisie, l’ignorance et le fanatisme. Anakin croit posséder les valeurs d’un maître bien qu’il ne soit que padawan, il est un ignorant au sens initiatique du terme. De plus, sa crainte de perdre son épouse Padmé le mène vers la colère, la colère engendre une perte de contrôel sur lui même, La colère l’entraîne vers le fanatisme et se termine par sa soumission au côté obscur de la Force.

Dans le long métrage « La revanche des Sith », Anakin devient un mauvais compagnon au sens maçonnique du terme. Il trahit et tue le maître Jedi Mace Windu au lieu de l’aider à mettre aux arrêts le chancelier Palpatine. Enfin, Anakin participe activement au massacre de ses frères. Il est dévoyé par le côté obscur de la Force comme les mauvais compagnons qui se sont détournés de la fraternité. Dans notre monde, bon nombre de franc-maçons censés se trouver du côté de la justice sociale et des plus humbles ont fini par trahir leurs idéaux. Le dictateur Augusto Pinochet renverse et fait assassiner le président Salvatore Allende son frère de loge, Marqués-Rivière se mettant au service de l’occupant Nazi et du régime de Vichy, Nathan Forest le fondateur du Ku Klux Klan, les maçons italiens de la Loge P2 entre affairisme et fascisme sont les exemples flagrants de dévoiement. Anakin Skyklwalker n’est plus un personnage de fiction.

Existe-t-il un lien entre la Force des Jedi et l’égrégore des franc-maçons ? Dans la saga Stars War (les trois épisodes diffusés en salle entre 1976 et 1983), la Force est un champ d’énergie unissant tous les êtres vivants, même si les derniers films proposent une explication biologique consistant en un lien avec une forme de vie les midi-chloriens. Je préfère de loin la première approche psychique spirituelle sans divinité et organique d’Obiwan Kenobi et de Yoda en phase avec l’égrégore maçonnique. L’égrégore est un phénomène où toutes les pensées deviennent une sans devenir pour autant unique. Sans elle, l’unité d’une loge maçonnique se désagrège et ne devient plus qu’un assemblage d’individualités. En l’absence de la Force qui l’unit à l’univers, un Jedi n’est rien. Un franc-maçon qui se prive de l’égrégore, n’est qu’un mystique isolé sans aucune efficacité autant sur lui-même que sur la société dans laquelle il évolue. Quand la Force est perturbée ou que l’égrégore est brisée, les Jedi comme les franc-maçons deviennent des éléments isolés et vulnérables. Une dernière hypothèse est également à envisager, la Force ou l’égrégore ne constituent-elles pas l’héritage non assumé de la Maât en tant que conscience universelle et harmonie cosmique léguées par l’Egypte Pharaonique ?

Enfin, l’Ordre Jedi et la Franc-maçonnerie occidentale œuvre également pour la défense de la République et de la Démocratie. Ils ont également espoir en l’avènement d’une humanité meilleure qui rassemble ceux qui sont dispersés.

Tous ces éléments tendent à démontrer que la saga « Star Wars » repose sur les piliers souterrains de la Franc-Maçonnerie.

 

Cet article a été publié pour la première fois sur le site "Phenixweb.be", le site de la revue de science fiction en ligne du même nom.

 

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 19:01

https://www.youtube.com/watch?v=hsbAucu75FA&feature=youtu.be (cliquer sur le lien ci-contre pour découvrir la vidéo de présentation de l'auteur)

 

 

Ces cinq textes nous transportent au-delà des frontières de l'imaginaire antillais. On suit pêle-mêle les mésaventures d'un écrivain antillais de science-fiction confronté à son propre univers créatif, l'enquête d'un journaliste mêlé malgré lui à un conflit séculaire qui remet en cause ses certitudes jusqu'à son identité la plus profonde, une Martinique en proie à une guerre d'extermination menée par des aliens enragés, un soldat antillais engagé dans l'enfer de Verdun rattrapé par ses fantômes, un astronaute afro-américain en plein dialogue avec des figures ancestrales Riches, surprenantes, et non sans humour, ces cinq nouvelles nous incitent à voir les Antilles et le monde noir à travers le prisme d'un imaginaire déroutant et interrogent notre rapport à la réalité d'une manière inattendue.

Ce livre est disponible sur les sites de la FNAC, AMAZON et l'Harmattan. il est également possible de passer commande chez votre libraire habituel

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 20:41

 

Arnor a grandi au sein de la communauté « des Frères de la Lumière » à Luxcastrum, situé dans l’ancien royaume de Francie et sur les terres du comté de Boisclair.  Jadis, un de ses membres, Eudes de Beaufort, l’a sauvé des loups et du froid,  quand il avait été abandonné à sa naissance en pleine forêt en raison de ses origines étrangères. De par son apparence physique, Arnor ressemble aux guerriers de la lointaine Scanie qui lancent des incursions en territoire francien. A cause de cette particularité physique, il est l’objet de la défiance des villageois et au sein de la communauté de Luxcastrum, il est condamné à rester un frère servant durant toute sa vie. Or, le jeune homme ne respectant pas le vœu de chasteté imposé aux frères, le Chapitre réunissant les membres influents de la communauté vote son exclusion.  Ignorant la décision de l’Ordre, Arnor est à l’extérieur du prieuré, il se trouve en compagnie d’Aïga, la jeune fille qu’il voit en secret. Tous deux se querellent sur leur avenir, Arnor a pris la décision de rompre lorsqu’il entend sonner le tocsin. Il quitte les lieux précipitamment et revient à Luxcastrum pour découvrir le Prieuré en feu et les frères assassinés, à l’exception d’Eudes de Beaufort. Impuissant, il assiste au départ des meurtriers sur le fleuve Séquana. Ils se déplacent à bord « lanskips » à proue de dragon. Ce sont des guerriers Scans. Avant de mourir, Eudes de Beaufort élève Arnor au rang de Frère de la Lumière en lui donnant un signe et attouchement, il lui dit de se rendre à Lutèce rejoindre son frère, le chevalier du Guet, Raoul de Beaufort et aussi de trouver le Maître caché là où le coq silencieux chante.  Eudes de Beaufort décède dans les bras d’Arnor. Au petit jour, les hommes d’armes du comte de Boisclair se présentent  sur les lieux du carnage, Arnor leur reproche leur arrivée tardive. Le ton monte avec les soldats qui l’accusent d’être le meurtrier. Ils ont l’intention de le pendre. Une transe guerrière prend possession d’Arnor. Malgré son inexpérience des armes, il tue tous les hommes de Boisclair.  Arnor quitte définitivement Luxcastrum et prend la direction de Lutèce, la cité libre de Francie. Quelques temps plus tard, dans la forêt de Limar, il rencontre un ours à la fois borgne et parlant qui affirme qu’il sera son plus fidèle serviteur. Arnor n’hésite pas à porte secourir l’ours lorsqu’une meute de chiens de chasse l’assaille. L’ours s’enfuit mais Arnor se retrouve face à des cavaliers portant les insignes royaux et d’une femme voilée. Cette dernière veut le pendre pour braconnage sur les terres royales. Arnor parvient à la désarçonner et à fuir à travers les bois. Il sème ses poursuivants et parvient aux portes de Lutèce. Dans la ville, il prend contact avec  Raoult de Beaufort. Malgré une méfiance initiale, la confiance s’instaure entre les deux hommes. Le chevalier du Guet lui expose la situation politique de la cité où les clans s’affrontent par le biais d’équipes d’auriges interposées (conducteur de chars équestres). Il lui exprime ses inquiétudes et ses doutes sur le Prévôt qui est un adepte de la nouvelle religion dédiée au culte de l’Etre Suprême.  Le soir même, quinze spadassins masqués s’introduisent dans l’hôtel particulier du Chevalier du Guet pour l’assassiner. Grâce à Arnor qui entre une nouvelle fois en transe guerrière, cette attaque s’avère un échec, sauvant ainsi la vie de Raoult de Beaufort. Cependant, un corbeau espion a assisté à toute la scène et il s’envole pour prévenir le commanditaire de l’expédition. Raoult de Beaufort met en garde Arnor contre ce qu’il appelle « la malédiction du Berserker ». En quête d’indices, les deux hommes examinent les cadavres des tueurs. Ces derniers ne portent pas de tatouages ou de signes d’appartenance à des guildes d’assassins. Arnor en déduit qu’il s’agit de soldats de métiers. Or la défense de Lutèce a été confiée par le Conseil des Echevins aux mercenaires des Franches Compagnies. Dés le lendemain, le Chevalier du Guet, accompagné d’Arnor, rend visite à Zoka de Murolais le Prévôt de Lutèce qui est son supérieur hiérarchique.

 

Dans cette quête intérieure, qui se double d'une guerre physique contre les forces du Chaos dissimulés sous le culte bienveillant en surface de l’Etre Suprême et de ses sbires, son destin sera lié à la famille patricienne des Beaufort. Il rencontrera également la camaraderie avec les mercenaires Noirs Cassius et Iska et lors de ses voyages intérieurs, son initiation sera complétée par le prêtre Geb, son mentor en esprit. Entre le  pouvoir temporel, incarné par l’ambitieuse Maylis, accompagné par son cortège de compromissions avec la Morale et les enseignements reçus tant par Geb que par la Guilde Forestière des Fendeurs, Arnor devra choisir : devenir un puissant de ce monde au risque de perdre son humanité ou tenter de devenir un homme régénéré.

 

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  • : Le blog de Kwamé Maherpa, auteur
  • : Ecrivain de Fantasy Epique et de Science-fiction, mon blog n'a pas unique objectif de faire connaitre mes écrits, d'écrire des articles sur mes auteurs favoris ou ceux que j'ai découvert mais il aura également une ouverture sur les faits politiques, sociaux et sur la réflexion.
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