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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 16:16

Bonsoir, je vous présente le trailer de mon dernier recueil de nouvelles "DESTINS3

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 14:54
Il avait répondu à cet appel de la nuit contre lequel toute  résistance mentale s’avérait aussi vaine que de charger un chevalier en armure avec une fourchette pour seule arme, un appel qui ignorait les barrières symboliques du temps.
Dans cette grande et vaste demeure victorienne aux volets clos, sombre comme un sépulcre poussiéreux,  il avait rencontré cette inconnue aux longs cheveux sombres, à la peau diaphane à la lisère de la transparence.
Robe et corset délaissés, elle s’était donnée à lui comme le feu ne laissant que des cendres après son brûlant passage. Son prénom se perdait dans les méandres de ses pensées où seule sa signification «  la lumineuse » contrastait avec l’atmosphère à la Bram Stoker de l’alcôve londonienne. La peur et la prudence habituellement omniprésentes chez lui s’étaient soudainement dissipées. Mariage mystique ou union charnelle basique, tout son être vidé de sa substance ne trouvera jamais la réponse.
Fébrile sans être en sueur, il se libéra de ce rêve aussi dévorant qu’une mâchoire de tigre. Son réveil le bouleversa autant que sa récente errance onirique. Il s’était endormi dans une des chambres de sa villa, au fond d’un lit confortable.
Pourtant, ses yeux ne s’ouvrirent point sur la fenêtre en surplomb d’un luxuriant jardin créole, quelque part sur la Baie du François, mais sur des cadavres d’immeubles noircis et un ciel couleur de deuil et de rouille. En cherchant à se relever, le sol, soudain pris de convulsions chtoniennes, se déroba sous ses pieds. Il rampa  sous une pluie de terre et se recroquevilla  contre  un pan de mur. De son abri improvisé, il vit fondre des dizaines de drones aériens au fuselage sombre tirant force obus et missiles sur la ville fantôme, comme pour anéantir l’essence même de la vie.
Où était-il ? A Bagdad ? À Damas ? À  Bangui ? À Goma ? À Grozny ? À Kiev ?ou une autre ville damnée par la folie des puissants ? un autre monde peut-être ? Pour autant, la cendre possédait la même senteur acre et la même couleur de désolation. Les tirs se rapprochèrent dangereusement. Avec la peur en guise de carburant, ses jambes le propulsèrent loin de son abri. Son cerveau fermé à toute forme de pensée inutile, il prit une trajectoire erratique et courut à travers un dédale de décombres.
Entre les gerbes de terre et de béton que soulevait le souffle des explosions, il passa devant un alignement de chars calcinés, sinistre assemblage de métal et de chair soudé par une main démoniaque. Derrière lui, l’horizon était devenu une mer de flammes aux vagues démesurées et irrégulières :
« Venez ! lui cria une voix qu’il parvint à entendre malgré les fracas du bombardement incessant et du chant lancinant des acouphènes dans ses tympans. »
Sur sa droite et le seuil d’une casemate, un soldat en treillis couleur sable lui faisait signe de la main, l’invitant à le rejoindre. Ce dernier ne portait aucun signe d’appartenance à une armée connue. Ce cauchemar allait-il prendre fin ? Allait-il se réveiller dans la vie réelle ? Immédiatement sa course s’infléchit. Un puissant souffle, précédé d’une proche déflagration, le projeta dans la gueule béante du bunker. Pas la moindre trace du mystérieux militaire. Une éternité durant, son corps chuta, telle une bouée ballotée par les courants d’une mer déchaînée, dans un tunnel sombre. Etait-il mort ? Pourquoi ne voyait-il pas de lumière blanche ? le témoignage de ceux qui avaient approché la Mort ne relevait-il que de la fable ? Non la lueur se montrait à ceux qui montaient vers les cieux ! lui Edouard Louis Georges tombait comme un ange déchu. Allait-il dériver pour toujours dans cet espace sombre, glacé, sans lune, sans soleil ? alors sa bouche laissa échapper un cri, à se rompre les cordes vocales. Pas un son ne sortit de sa bouche. Aucune douleur ne secoua son corps quand il rencontra enfin le sol.
Toute trace de guerre s’était volatilisée. Avait-il quitté l’enfer ? autour de lui s’étendait une terre désertique sans le moindre relief pour dresser un obstacle entre un œil humain et l’horizon, excepté une épave disloquée en deux parties. Sa forme profilée évoquait celle d’un intercepteur, un modèle qui, à sa connaissance, n’était pas en service dans les forces aériennes actuelles. Sur le fuselage noirci, il pouvait encore lire l’inscription suivante : « Confédération Solarienne. »
Edouard Louis-Georges sentit le sang refluer de ses artères
« Ce n’est pas possible, parvint-il à marmonner. »
Il fit le tour de l’appareil. Sous un auvent improvisé, à partir d’un assemblage de toile de parachute et de trains d’atterrissage, un homme était assis. Les jambes pliées l’une sur l’autre, ce dernier lui adressa un sourire goguenard. Il semblait attendre l’infortuné Edouard Louis-Georges. Teint sombre comme lui, nez droit et épaté, traits volontaires sans trace de faiblesse, la puissante musculature saillant sous la moindre couture de sa combinaison de vol, le pilote lui lança, cette fois, un regard torve :
« Heureuses retrouvailles, n’est ce pas !
- Cela ne peut être, tu n’existes pas ! dit-il au naufragé du ciel.
- Tout ce qui est créée devient réel, l’imaginaire forme l’antichambre de la réalité, tu devrais le savoir Edouard, peut-être que je devrais t’appeler père, même si tu ne le mérites pas ?
- Peux-tu m’expliquer les raisons de ma venue ici ? es-tu pour quelque chose dans cette folie ?
- M’as-tu déjà oublié ? ce monde de cauchemar et de violence sans fin n’évoque rien pour toi ? je suis juste le héros de tes romans : Moris Asamoah, le pauvre bougre qui a enduré pendant près de vingt ans les épreuves, deuil de ceux qu’il aimait, les blessures, les trahisons, les batailles innombrables et interminables, imaginés par ton esprit pervers et malade. Je préfère ne pas te rappeler la nuit d’enfer et d’horreur lubrique que tu m’as fait passer à Soho dans le lit d’un succube victorien. »
 Celui qui venait de se faire apostropher, chercha son souffle :
« J’ai fait de toi, le plus grand héros Noir de la Science-fiction mondiale, l’égal de Flash Gordon, de Conan. Ta saga est aussi célèbre que celle consacrée à la Guerre des Etoiles. Tes aventures sont traduites dans plus de cinquante langues, elles ont même été adaptées en jeu vidéo, à la télévision et au cinéma. Tu devrais être fier,  de grands acteurs comme Samuel L.Jackson ont prêté leurs traits pour te donner vie à l’écran. Dans le cœur de millions d’admirateurs, tu vis toujours. Pourquoi persécutes-tu ton créateur, ton papa ?
-Je vis dans le cœur de millions d’admirateurs, dis-tu ? ta mansuétude me touche beaucoup. Dommage que tu aies mis un terme à mes passionnantes aventures en me donnant la mort et de quelle manière ! je n’ai pas le droit à un dernier ballon de cognac dans les bras d’une voluptueuse créature ! ni à un palais sur les rives parfumées du lac de Côme, non, tu as choisi pour moi une mort lente dans laquelle j’ai senti le lent cheminement du venin glacé d’un serpent des sables dans chaque millimètre de mes artères et de mes veines. La morsure d’un serpent, c’est tout ce que tu as trouvé, la morsure d’un serpent après avoir survécue au crash de mon astronef sur une planète désolée.
- Moris, je ne pouvais rester esclave de ma création, je voulais sortir du ghetto culturel où j’étais confiné. J’étais las d’être connu en tant qu’auteur des exploits de Moris Asamoah, d’être un simple écrivain de Space Opera.
- J’ai assuré ta renommé ainsi que ta petite fortune. En guise de récompense pour toutes ces fructueuses années de collaboration, tu me jettes comme une capote après usage !
- Cela ne t’autorise pas à te glisser dans mes rêves ! je peux de ressusciter et te faire vivre de nouveau des aventures formidables, tu aimes les belles femmes pas farouches, le luxe, je te donnerai tout cela et plus encore.
- Non, cela ne m’intéresse pas, répondit Moris Asamoah avec un ton qui se voulait  détaché.
- Que veux-tu à la fin ? »
Edouard trembla. La réponse s’imposait d’elle-même. Moris Asamoah confirma ses craintes :
« Ma naissance et toutes mes souffrances, je les dois à ton cerveau de malade, tu ne feras plus d’autres victimes car tu n’as pas le droit de vie et de mort.  »
Quelque chose venait de s’enrouler et commencer à compresser sa cheville. Edouard osa à peine baisser les yeux, juste le temps de voir des crocs écumants de bave acide traverser la mince barrière de sa peau.
 
***
 
Article paru dans le quotidien France-Antilles Martinique du 13 novembre 2013,   en pages intérieures-rubrique fait divers :
« Le corps sans vie de l’écrivain de Science-fiction Edouard Louis-Georges a été découvert dans le parc de l’hôpital psychiatrique de Colson[1]. D’après les premières constatations, il n’a pas survécu à la morsure d’une vipère. Edouard Louis-Georges était interné pour schizophrénie depuis six mois. Il était âgé de soixante ans.»
 

[1] Etablissement psychiatrique situé en Martinique, non loin de Fort de France, sur la route de Balata.
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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 21:59

destins-kwame-maherpa

 

Pour commander l'ouvrage de Fantasy épique "Destins" ou simplement lire un extrait gratuit, le lecteur est invité à se rendre sur ce lien http://www.leseditionsdunet.com/fantastique/2190-destins-kwame-maherpa-9782312020778.html

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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 06:48

 

destins-kwame-maherpa.jpgDepuis le 7 février 2014, «  DESTINS » le nouveau livre « Sword and Soul » de Kwamé Maherpa publié aux Editions du Net est disponible. Il s’agit d’un recueil de quatre nouvelles narrant les aventures de Kigéri l’albinos banni et d’Aho le guerrier maudit au cœur du continent azanien en proie à la furie des forces occultes  qui transforment l’existence en danger permanent.  Quatre nouvelles où se mêlent l’exil sans espoir de retour, les  combats épiques, l’introversion onirique, les rites initiatiques, l'amour perdu et la plongée dans les ténèbres avant la remontée vers la Lumière qui n’aveugle pas. Contre les forces du Chaos toujours prêtes à entraîner la terre des hommes Noirs sur la voie sans retour du fanatisme sanguinaire, deux destins vont s’unir pour le même combat.Depuis le 7 février 2014, «  DESTINS » le nouveau livre « Sword and Soul » de Kwamé Maherpa publié aux Editions du Net est disponible. Il s’agit d’un recueil de quatre nouvelles narrant les aventures de Kigéri l’albinos banni et d’Aho le guerrier maudit au cœur du continent azanien en proie à la furie des forces occultes  qui transforment l’existence en danger permanent.  Quatre nouvelles où se mêlent l’exil sans espoir de retour, les  combats épiques, l’introversion onirique, les rites initiatiques, la plongée dans les ténèbres avant la remontée vers la Lumière qui n’aveugle pas et l’amour perdu. Contre les forces du Chaos toujours prêtes à entraîner la terre des hommes Noirs sur la voie sans retour du fanatisme sanguinaire, deux destins vont s’unir pour le même combat.

 

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 23:48

 

 

 

 

mnemos-icares162-2013

Plus de deux décennies se sont écoulées depuis la première publication en France des trois livres consacrés aux aventures d’Imaro le guerrier Ylyassai par les Editions Garancières. Depuis le 1er novembre, le cycle d’Imaro est de nouveau disponible en France grâce aux éditions Mnemos, en un seul volume avec en supplément la traduction de  nouvelles (short story) inédites à ce jour en France.

Grâce à cette initiative de Mnemos, une nouvelle génération de lecteurs va enfin découvrir le sombre univers de cette terre appelée Nyumbani, univers qui est le théâtre des exploits et de la vie tragique d’Imaro le guerrier errant en lutte contre les forces du chaos qui veulent entraîner les royaumes de Nyumbani dans les ténèbres et la violence éternelle.

Dans ce monde imaginaire qui évoque les différentes et riches cultures de l’Afrique Noire, avec ses mythes, ses légendes, ses royaumes grandioses comme Méroé ou le Monomotapa, Charles Robert Saunders a contribué à décloisonné l’Heroic Fantasy en l’ouvrant vers d’autres univers oniriques et spirituels, il a également crée un genre appelé « Sword and Soul ». Contrairement à ce que j’ai pu lire sur Imaro, ce dernier n’est pas une simple version Noire de Conan le Cimérien. En effet, Charles Robert Saunders a ajouté une psychologie tourmentée chez Imaro,  qui donne une dimension de quête intérieure à ces aventures viriles et guerrières. Le personnage de Robert Erwin Howard est un combattant solitaire, en revanche celui d’Imaro se construit progressivement au contact des autres personnages secondaires mais néanmoins essentiels de ces aventures comme Katisha sa mère, Tanisha l’amour difficile de sa vie, Pomphis le pygmé lettré de la cour de Méroé.

En 2010, j’ai eu le plaisir et le privilège de figurer dans l’anthologie « Genesis » publiée par la Black Science Fiction Society aux Etats-Unis aux côtés de Charles Robert Saunders, ce maître d’écriture qui a fait évoluer ma propre manière de conter des récités épiques, et de tant d’autres comme Milton Davis son héritier spirituel dont les livres (Meiji volume 1et 2) sont également disponibles sur les sites de téléchargement français comme la Fnac. Aussi, c’est avec émotion que j’assiste à son retour dans le paysage francophone de la littérature de l’imaginaire.

Lecteurs, lectrices, je vous invite à découvrir ou redécouvrir un grand auteur trop longtemps oublié de la Fantasy épique.

Bonne lecture

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 23:31

 

 

 

L'intégrale des aventures d'Imaro disponible aux éditions Mnemos comprend également la traduction en français du quatrième volume "the Naama war" .

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 15:20

Le Tribunal de Commerce d'Aix en Provence vient de prononcer la liquidation

judiciaire sans poursuite d'activités des Editions Kirographaires.

En conséquence, mon roman "La geste d'Osseï" ne sera pas édité par cette société.

Dés maintenant, je me mets en quête d'une nouvelle structure éditoriale pour la

publication de ce livre à compte d'éditeur. il faudra encore patienter quelques

mois pour vibrer aux exploits d'Osseï contre les forces du Chaos et du

monothéisme intolérant.

Je ne manquerai pas d'informer les lecteurs de ce blog des résultats de cette

recherche.

 

Vie, Santé, Force

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:44

 

"Sécheresse et chaos", ma dernière nouvelle sera publiée dans l'anthologie "Légendes africaines" aux éditions voy'el sous la direction de Marc Bailly. De nouveau, le lecteur sera immergé dans l'univers sword and soul du continent Azanien, aux côtés d'Aho le guerrier maudit, porteur du Tegbo Negbo" et de Kigéri le sage roi de la cité lacustre de Mi-Ganbi. Il s'agit de personnages familiers pour ceux qui fréquentent le présent blog, les sites oniris.be et we love words.com. Actions, bestiaires fabuleus, allégories du changement climatique et de la folie humaine attendent le lecteur dans cette nouvelle qui veut se situer, à son modeste niveau, dans la lignée littéraire de Charles Rober Saunders.

 

J'ai dit

 

Vie, Santé, Force 

 

 

 

Sommaire de l'anthologie

 

Berryl Rose

Bonnefons Emmanuelle

Bry David

Clavel Fabien

Collins Fabien

Dabat Anne Sophie

Darnaudet Boris

Dartevelle Alain

Dubois Ambre

Félin Jérôme

Gentihomme Séréna

Gudule

Guillaume Céline

Gulzar Joby

Machetto Hélène

Maherpa Kwamé

Mercier JAcques

Milleman Jean

Tarvel Brice

Trudel Jean-Louis

Van Buggenhout Marc

Vast Patrick


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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 17:00

 

Je consacre aujourd'hui ce billet à un auteur Djehuty Biyong, créateur des deux oeuvres "La bataille de Kirina" et "L'enfance d'un roi". ce frère nous conte avec talent l'ascension vers le pouvoir et l'unification de leur peuple de deux figures historiques majeurs du continent Africain : Soundjaté et Chaka.

Deux héros, deux enfances en proie à l'adversité, au mépris et à l'exil avec leur mère, la même volonté d'unification des peuples. Dans ces deux volumes, l'action et l'énergie sont soulignées par des couleurs vives et chaudes. Les dialogues sont percutants. Aucun temps mort ne vient gâcher la lecture de ces deux bandes dessinées, ni troubler notre plaisir. Ces deux romans graphiques font découvrir la naissance de deux empires, l'Empire Mandingue au 13ème siècle et le royaume Zoulou lors de la moitié du 19ème siècle.

Ici l'histoire ne se révèle pas didactique comme peut l'être un essai ou un ouvrage académique, elle possède le souffle épique d'une oeuvre pouvant être adaptée sur grand écran.

J'ose faire une suggestion à notre frère Djehuty Biyong, après avoir avoir adapté avec brio deux épisodes marquants de l'histoire politique du continent Africain, pourquoi ne pas narrer dans un avenir porche la grande et trois fois millénaire histoire de l'Egypte Ancienne Pharaonique Noire ?

Pour conclure, deux livres pour aider notre jeunesse, autant antillaise qu'africaine, à connaître l'histoire de l'Afrique Noire avant le début de l'âge des ténèbres non encore achevé à ce jour, deux  livres pour libérer notre imaginaire.

J'ai dit

 

Vie, Santé, Force

 

Pour commander ces livres voici le lien suivant, ils sont disponibles en français et en anglais :

 

www.lulu.com/.../biyong-djehuty/.../product-206


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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 15:31

 

Comme  une toile d’araignée sans fin, les ténèbres s‘étendirent sur toute la surface de la Terre. Sortant de leur millénaire sommeil et à l’unisson, les volcans expulsèrent leur venin de feu tandis que les continents s’enfoncèrent dans les profondeurs des océans.  Comme à Gorée, Auschwitz ou au Ruanda, le créateur brilla par son silence et son absence.

 Aucune nation  n’échappa à la destruction finale, accompagnée par le roulement du tonnerre du jugement dernier, annoncé maintes fois par des cohortes de prophètes ou de gourous, plus illuminés les uns que les autres.  Nul peuple, maudit, élu ou supérieur, ne fut épargné par le funeste trépas. Toute vie, humaine, animale, végétale ou minérale disparut de la surface de la Terre.  Ce fut le retour du néant. Un big bang à l’envers. La fin de toute chose.

 Dans la pièce blanche et froide, le ronronnement des machines avait supplanté la faible respiration du patient, admis depuis plusieurs semaines dans ce service à la pointe des dernières thérapies neurologiques. A son chevet, se tenaient deux hommes, le professeur Trismégiste, grand spécialiste des neurosciences, et son chef de clinique le docteur  Aton :

 « Il a déliré toute la nuit, dit le médecin, il ne parlait que d’apocalypse, de la fin des temps. Ce pauvre homme a perdu toute sa raison. Son système cérébral est entiérement détruit. Il est temps de constater officiellement son décès, inutile de le faire souffrir ! assez d’acharnement thérapeutique !

- Donc Monsieur le professeur, nous pouvons constater et acter le décès ce jour le 21 décembre 2012 à huit heures.  »                                                           

Méthodiquement, l’équipe médicale débrancha tous les appareils de survie, laissant place aux employés du funérarium de l’hôpital  qui emportèrent le corps sans vie du défunt, répondant au patronyme de Dieu.

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Présentation

  • : Le blog de Kwamé Maherpa, auteur
  • : Ecrivain de Fantasy Epique et de Science-fiction, mon blog n'a pas unique objectif de faire connaitre mes écrits, d'écrire des articles sur mes auteurs favoris ou ceux que j'ai découvert mais il aura également une ouverture sur les faits politiques, sociaux et sur la réflexion.
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